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Le Courrier Indépendant : ENTREPRISES – Internet dans la ZI Sud : « ça rame ! »

Quand internet rame, les entreprises galèrent… A Loudéac, beaucoup sont confrontées à ce problème lié à la nature même du réseau actuel.

«Il y a des jours où c’est pénible », confie Eric Tanguy, l’un des dirigeants de la société Le Helloco Accouvage.

Pour cette société, comme beaucoup d’autres implantées dans la zone industrielle, les fluctuations du débit internet sont un vrai problème. Un problème qui revient, non pas à intervalles réguliers – ce serait plus simple si l’on pouvait l’anticiper – mais qui revient… régulièrement. Le plus souvent, il ne s’agit que de « petites » nuisances, mais leur accumulation au fil des jours est préjudiciable. « Cela peut être, par exemple, la mise à jour du logiciel de comptabilité qui ne devrait pas prendre plus d’une demi-heure et qui va mettre ce jour-là trois ou quatre heures à télécharger », détaille Eric Tanguy.

Le phénomène n’est pas général : toutes les entreprises de la zone industrielle ne sont pas impactées. Chez Chevalier SA, CEVA Santé animale, Queguiner matériaux ou encore Armor Protéines, par exemple, on ne signale pas de souci notable. En revanche, beaucoup d’autres (Loudéac viandes ; Pâtisseries gourmandes ; Gelagri) sont confrontées, plusieurs fois par semaine, à des ralentissement du réseau assez invalidants.

Une employée de la société Beurel (casse auto), dont l’outil de travail informatique repose entièrement sur internet, subit des microcoupures qui l’obligent à relancer sa box. « Ça arrive deux à trois fois par semaine. Ce n’est pas tous les jours, mais quand ça arrive et que vous avez un client qui attend en face de vous, c’est toujours gênant… »

Ceux qui attendent la fibre optique…

A Le Helloco accouvage, ces ralentissements du réseau ADSL, s’ils peuvent être très agaçants au quotidien, n’ont pas pour autant de répercussions sur la production elle-même. Mais c’est presque tout comme, à partir du moment où les liaisons avec les clients et les fournisseurs en pâtissent… « Au début, on travaillait surtout par fax et très peu par courrier électronique », indique Eric Tanguy. « Le mail s’est peu à peu imposé et de plus en plus de choses doivent se faire par internet désormais – y compris pour l’administration. Pas de problème quand il ne s’agit que de textes, mais dès lors qu’un mail est accompagné de pièces jointes un peu « lourdes », tout de suite, ça rame… »

Sa société a souscrit un abonnement ADSL de 12 mégas.« 12 mégas, en théorie, c’est bien ».

Les caprices du réseau internet gênent l’activité de nombreuses entreprises de la zone industrielle Sud.

Encore faut-il les avoir en pratique ! Parce que, quand on se retrouve avec un débit effectif de seulement 2 mégas, eh bien… Ça rame…

Eric Tanguy a demandé plusieurs fois à son fournisseur d’accès (Orange en l’occurrence mais tous les fournisseurs sont concernés) pour quelle raison son débit internet subissait de telles baisses de régime. « Ils ont toujours des excuses, les travaux, etc. En fait, c’est l’ADSL lui-même qui est, par nature, fluctuant. Quand on souscrit un abonnement 12 mégas ADSL, on peut avoir en réalité entre… zéro et douze mégas. Et quand on demande à bénéficier d’un minimum de dix mégas garantis, on nous répond : « il faut attendre la fibre optique ». On sait que c’est à l’étude, mais on ne sait pas quand elle arrivera… »

…Ceux qui ne peuvent plus attendre.

L’autre solution proposée par les fournisseurs d’accès à internet, c’est le SDSL qui offre un débit fixe garantit en faisant passer l’abonné à ce service en priorité sur les autres. Par contre, « ce n’est pas du tout le même prix… »

Interrogé sur le sujet, le président Georges Lefranc a indiqué ne pas avoir été informé des soucis rencontrés par les entreprises de la zone Sud (qui relève de la compétence intercommunale) et réaffirmé le caractère priori- taire du renforcement du réseau internet via la fibre optique.

En attendant, certains ne peuvent plus attendre, justement. Chez Bernard SA et chez l’un de ses voisins, la situation n’était plus tenable. Depuis juillet 2016, les blocages sporadiques du réseau s’étalant parfois sur toute une journée, avaient fini par avoir des conséquences financières considérables. « Alors, on a pris les devants : la fibre optique arrive dès cette semaine ». Aux frais de l’entreprise : quelque chose comme 2 000 €.

Zones blanches

Côté téléphonie aussi, ce n’est pas toujours rose. Les employés de la société Le Helloco accouvage qui se rendent chez les éleveurs de certains secteurs de la campagne du Centre Bretagne se retrouvent fréquemment dans des zones « blanches », variables selon les opérateurs téléphoniques.

Yann Scavarda

 

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